Le matériel périmé n'apparaît sur aucune facture, mais il se paie. Comment cette perte se produit et ce qui la réduit durablement.
La péremption est une perte silencieuse. Elle ne génère ni incident ni réclamation : le matériel cesse simplement d'être utilisable et il est retiré. Comme la dépense a déjà été comptabilisée à l'achat, elle ne réapparaît sur aucune ligne du budget.
Trois mécanismes qui la produisent
Dans les réserves médicales, le matériel périme presque toujours pour les mêmes raisons, et aucune n'a à voir avec la négligence :
- La rotation par commodité : on prend ce qui est le plus à portée de main, pas ce qui périme en premier.
- Un stock de sécurité surdimensionné : face au risque de rupture, on accumule plus que nécessaire.
- Le manque de visibilité par lot : on sait combien d'unités il y a, pas laquelle expire la semaine prochaine.
Presque toute la péremption évitable s'explique par une seule chose : personne ne savait ce qui allait périmer avant que ce ne soit déjà périmé.
Pourquoi les contrôles périodiques n'y suffisent pas
Vérifier les dates de péremption à la main fonctionne à court terme et se dégrade avec le temps : cela consomme des heures, cela se fait à la fréquence que permet la charge de soins et cela ne détecte que ce qui est déjà proche de l'échéance. C'est une photographie, pas une alerte.
Ce qui réduit durablement la péremption
Trois conditions, qui ne fonctionnent que réunies : connaître la date d'expiration de chaque unité, et non de chaque référence ; recevoir l'alerte avant que le matériel ne soit inutilisable, avec assez de marge pour le consommer ou le réaffecter ; et faire en sorte que l'ordre de consommation respecte l'échéance sans que personne ait à la vérifier.
Lorsque ces trois conditions sont remplies automatiquement, la péremption cesse de dépendre de la vigilance pour dépendre du système. C'est le seul moyen pour que l'amélioration tienne quand le service traverse un mois difficile.

